Hate Speech : table ronde avec Felix Braz à Neimënster

Entre le 1er et le 5 septembre, le "Hate Festival" à l'Abbaye de Neumünster a abordé le thème de la violence physique et verbale. Après un spectacle de danse du duo britanno-néo-zélandais Colin Poole et Simon Ellis, une performance avec atelier de l'artiste luxembourgeois Luc Spada ainsi qu'une représentation de la pièce de théâtre "Hate Radio", qui thématise le génocide rwandais, le festival s'est terminé par une table ronde sur le discours de haine.Ont participé au débat : Felix Braz (Ministre de la Justice), Milena Kipfmüller (dramaturge, Hate Radio), Christiane Kleer (Radio 100,7), Georges Knell (BEE SECURE et KannerJugend Telefon), Marc Piron (ASTI) et Luc Spada (artiste). Nadine Schirtz (SNJ et BEE SECURE) a animé la table ronde.Le Ministre de la Justice Felix Braz a donné des explications sur le cadre juridique au Luxembourg, et a précisé que la loi anti-discrimination (article 457-1) du code pénal s'applique en cas de Hate Speech. Internet n'est pas un espace de non-droit et celui qui enfreint la loi doit s'attendre à une peine d'emprisonnement allant jusqu'à deux ans en cas de Hate Speech. Les participants au débat ainsi que le public intéressé étaient unanimes pour dire que les sanctions seules ne suffisaient pas pour s'attaquer au problème. Selon Luc Spada, il faudra plutôt se tourner vers l'éducation. BEE SECURE est du même avis, car à partir d'octobre, la campagne annuelle "Share Respect" se consacrera entièrement au sujet du discours de haine.Les participants ont également discuté du rôle et de la responsabilité de la politique, de la culture et des médias. En effet, le Hate Speech émane souvent des articles de presse liés à l'actualité et des décisions politiques. Ne pas rester les bras croisés devant cette problématique était une autre constatation fondamentale du soir : "Tout chacun doit se sentir concerné par le Hate Speech et peut lutter contre à l'aide du Counter Speech (contrer)", explique Felix Braz. Comment cela fonctionne le mieux ? Où s'arrête la liberté d'expression et où commence le discours haineux ? Ces questions seront entre autres traitées dans les semaines à venir dans la campagne de BEE SECURE.